Petites confidences à ma Psy : pourquoi je fais du sport ?

Je fais du sport depuis maintenant presque 6 ans. Je me souviens encore de ma première séance le 4 mars 2015 , durant laquelle j’ai littéralement craché mes poumons !!! J’avais commencé avec l’application Freeletics et la séance Aphrodite. Aphrodite, c’est 150 squats, 150 sit-ups et surtout 150 burpees, un calvaire. J’ai cru mourir^^. Il faut savoir que je ne suis pas une grande sportive au départ, mais alors pas du tout. Je détestais ça. Se bouger pour être essoufflée, dégoulinante de sueur et avoir des courbatures pendant 2 jours, c’était non et re non pour moi. Je peux vous dire que mes profs d’EPS ne me portaient pas dans leurs cœurs. J’étais souvent sur le banc de touche, n’en foutant pas une. Mais ce jour-là, ce fameux 4 mars 2015, j’ai démarré le sport et depuis, je n’ai plus jamais arrêté.

Mais alors pourquoi ? Mais oui pourquoi, une nana comme moi qui déteste le sport a décidé de s’y mettre. L’idée de départ était de perdre un peu de poids. Et par la suite, bah, j’y ai pris goût ! Enfin ça, c’est ce que je croyais. Dans tous les cas, je m’efforce de faire au maximum mes séances. C’est très rare lorsque j’en saute une. Et ce, pour une bonne raison : si je ne fais pas ma séance, je culpabilise. 

De 2015 à aujourd’hui !

  J’ai donc commencé à faire mon petit sport et, de fil en aiguille, j’ai réussi à obtenir le corps que je voulais. Enfin, à peu près, car je ne me suis jamais sentie complètement en harmonie avec mon corps. Je l’ai toujours critiqué. Je ne l’ai jamais aimé. Ou plutôt, j’ai arrêté de l’aimer depuis mes 19 ans. Et ce, quel que soit le poids que je fais. Holala, mais je me souviens de longues discussions avec certaines de mes copines qui avaient quelques rondeurs et durant lesquelles je me critiquais à fond. Vous auriez vu leurs yeux, je crois que si elles avaient pu me tuer sur place, elles l’auraient fait. Mais c’est comme ça, j’avais beau faire 56 kg, je ne m’aimais pas. Maintenant, je pèse 60 kg et je me bats toujours contre mon corps. Et je le dis bien parce qu’honnêtement, je pense que le fait d’aimer ou non son corps ne dépend pas que du poids. On peut être fine, mince, ronde, en surpoids et aimer son corps, tout comme on peut ne pas l’aimer. Tout est dans la tête et dépend de l’image que les autres nous renvoient.

Le comble, c’est que l’image que vous voulez de votre corps n’est pas forcément l’idéal de beauté que vous recherchez chez les autres. Pour exemple, je me bats contre des kilos en trop et pourtant, je trouve un tas de filles avec des rondeurs magnifiques (j’adorais Jennifer dans la Star-Ac par exemple, je la trouvais tellement jolie. D’ailleurs, je n’ai jamais compris ceux qui la trouvaient grosse, pfff n’importe quoi.) Bref, comme quoi encore une fois, c’est vraiment dans la tête. Toujours est-il, que je me tue à la tâche pour obtenir « le corps de rêve » dont finalement, je n’ai même pas la définition.

Bon alors, comme je disais, je fais du sport depuis le 4 mars 2015. En 2016, j’ai dû faire une petite pause, car j’attendais ma poupette d’amour. Même enceinte d’ailleurs, le poids a été difficile à accepter. J’ai pris 17 kg au total et je ne les ai pas du tout toléré. Je culpabilisais (encore!) tellement d’avoir ce corps que je ne connaissais pas, que je ne voulais pas, que je n’aimais pas. Oh et puis ces starlettes qui avaient reperdu leurs kilos après un accouchement. Et moi ???? Hein, et moi ? Moi aussi, je voulais les perdre. Alors qu’ai-je fait ? Bah, j’ai repris le sport de manière intensive, à raison de 6 séances par semaine. En 9 mois, j’avais perdu tous mes kilos de grossesse. Au bout d’un an, j’étais même plus ferme qu’avant d’être enceinte. Avec ça, je ne pouvais que m’aimer de nouveau non ? Eh bien, non. Non, je ne m’aimais toujours pas. Pfff, ce combat éternel avec son corps.

Et aujourd’hui ? Aujourd’hui les confidences…

  Aujourd’hui, je ne m’assume toujours pas. L’article sur le programme « Undertake«  dans lequel je vous montre mon petit corps a été difficile à poster. Mais je l’ai fait… Sans doute pour me prouver que je pouvais le faire et sans doute aussi parce qu’on ne voyait pas mon visage haha. Bref, comme je disais, aujourd’hui, je ne m’assume toujours pas. Mais la différence avec hier, c’est qu’aujourd’hui, je sais pourquoi. 
Et ce, car depuis peu, je consulte une psychologue. Je vais vous retranscrire du mieux possible notre échange concernant mon activité sportive. Auparavant, pour vous planter le décor, il faut que vous sachiez que j’ai vécu une période durant laquelle j’ai été anorexique et boulimique de mes 18 ans jusqu’à mes 25 ans (en 2015). On avait déjà évoqué cela avec ma psychologue dans une séance précédente. Donc, continuons, je suis chez ma psy :

Ma psy : pourquoi faites-vous du sport ?
Moi : pour manger et avoir un corps qui me plaît à peu près. 
Ma psy : combien de fois par semaine, vous faites du sport ?
Moi : ça dépend, entre 4 à 5 séances. Le plus souvent 5, parce que sinon je culpabilise. 
Ma psy : et si vous n’avez pas le temps de faire une séance ? 
Moi : honnêtement, c’est très rare. J’essaie toujours de faire mes séances sinon je culpabilise, je suis pas bien.
Ma psy : pourquoi vous culpabilisez ? 
Moi : bah parce que si je ne fais pas sport, après je vais manger et grossir. 
Ma psy : mais c’est impossible de grossir à vue d’œil en loupant seulement une séance de sport. 
Moi : oui, mais je ne veux pas. Sinon je ne serais pas tranquille en mangeant. 
Ma psy : donc si je comprends bien le sport n’est pas vraiment un plaisir. C’est pour ne pas culpabiliser de manger et de grossir après ? 
Moi : heu, bah oui. 
Ma psy : ça fait combien de temps que vous faites du sport ? 
Moi : je m’en souviens comme si c’était hier, c’était le 4 mars 2015. 
Ma psy : vous aviez donc… 25 ans. C’est ça ? 
Moi : oui, c’est ça.
Ma psy : dans les séances précédentes, on a parlé de votre période durant laquelle vous aviez été anorexique et boulimique. Et il me semble si je ne me trompe pas, que vous m’aviez dit avoir arrêté vers l’âge de 25 ans. 
Moi : oui, j’ai arrêté à cet âge là.
Ma psy me dévisage. Moi, je commence à comprendre ce qu’elle veut me dire. Je n’ai pas plaisir à faire du sport. Je le fais pour ne pas culpabiliser de manger, tout comme je me faisais vomir pour ne plus culpabiliser d’avoir mangé. 
Ma psy : vous avez donc été anorexique, car vous culpabilisiez de manger et de grossir et vous faîtes du sport, car vous ne voulez pas culpabiliser de manger et potentiellement de grossir ?
Moi : …. Euh, oui, c’est ça en résumé.
Ma psy : on a l’impression que vous avez simplement remplacé votre anorexie-boulimie par autre chose : le sport.

  Et Bim ! Ha bah oui !!! Je ne l’avais jamais vu sous cet angle. Mais oui, clairement oui ! Je fais du sport parce que je n’assume pas mon corps, parce que si je ne faisais pas ça, je culpabiliserais après avoir mangé. Et si je culpabilise, je suis plus à risque de me faire vomir pour ne plus culpabiliser. Où ne plus me nourrir pendant plusieurs jours comme j’ai pu le faire. Oui, le sport m’a permis de ne plus être malade. Ce que je trouve quand même un peu plus sain dans le fond. Il vaut mieux faire du sport plutôt que de se faire vomir, c’est clairement évident. Mais si c’est plus sain pour mon corps, il va sans dire que ce n’est pas forcément plus sain pour ma petite tête puisque je culpabilise toujours autant. Pire, je me critique toujours…
Pfff, moi qui pensais pouvoir m’assumer en me tuant à la tâche avec le sport. Finalement, c’est tout le contraire.

Mon combat continue !

  J’aimerais vous dire comme certaines femmes sur Instagram que je m’assume et que nous devons toutes nous assumer, mais je ne le peux pas, car moi-même je n’arrive pas à m’assumer. Ambre_ouille est un exemple pour moi sur ce point. Je la trouve géniale, elle semble tout assumer et c’est tellement apaisant. Pareil, quand je vois certaines filles qui montrent leurs corps au naturel, je les admire (Shera est aussi un exemple pour ça, je trouve). Elles ont cette chance de s’assumer vraiment, de se trouver belle. Et elles ont tout compris. On s’en fout de la forme du corps, gros, mince, petit, grand, avec des poils, sans poils, des boutons, de la cellulite, etc. Oui, tous les corps sont beaux, tous les corps sont beaux et encore plus à partir du moment où on l’aime et où on l’assume, point final. Et pourtant…. Pourtant, je n’aime toujours pas le mien à défaut d’en aimer une multitude d’autres.

Et je me revois avant mes 18 ans. Je me revois dans ce corps que j’aimais. Ce corps qui pesait pourtant 68 kg, soit 8 kg de plus que maintenant, mais ce corps que j’aimais. J’avais un embonpoint comme on dit, mais je m’assumais. Je me foutais tellement du regard des autres. Et puis un jour, j’ai appris qu’on m’appelait « bonhomme Michelin au lycée » … Et puis un jour, ma grand-mère m’a dit : « de profil, ça va, mais de face, pas du tout. Ce n’est pas joli d’être un peu grosse ». Et puis un jour, ce mec me dit : « woh, tu as pris du poids, la vache ». Et puis un jour, un proche et un (ex)-ami me disent : « oh, tu as vu, quand elle est à côté de Marie, on voit bien la différence de poids entre les deux. Une toute fine et l’autre (moi donc) on ne dira pas, mais elle est … (comprenez grosse hein!)». Et puis un jour Tant d’autres remarques et d’autres événements de ma vie. Et voilà comment, du jour au lendemain, je n’ai plus aimé mes 68 kg, alors que je m’assumais. Je m’assumais bordel. Je n’avais aucun problème avec ces 68 kg. J’emmerdais la terre entière avec mes 68 kg. Je m’aimais bien et d’autres aussi. D’ailleurs, mon doudou actuel est tombé amoureux de moi alors que j’avais ces fameux 68 kg. Et puis tout a basculé. Et maintenant je suis rentrée dans un combat permanent contre mon corps, cet ennemi.

Vais-je m’en sortir ?

Moralité de l’histoire, je ne pense pas me sortir de ce cercle de sitôt. Malheureusement, lorsque c’est dans la tête, c’est toujours difficile. Je crois que je continuerais à faire du sport dans l’optique de pouvoir manger sans culpabiliser de grossir. Mais cette séance chez ma psy, m’a permis d’ouvrir les yeux sur cette obsession. Et l’air, d’un rien, j’y fais plus attention. Par exemple, durant les vacances, ma famille est venue nous voir. Avant, j’aurais forcément fait du sport. Et là, j’avais décidé que non. Non, je ne ferais pas de sport pendant ces 5 jours et je profiterais à fond. Ça n’a l’air de rien comme ça, mais je vous assure que pour moi, c’est énorme. Mais je ne le regrette pas. Et j’espère continuer sur cette voie jusqu’à je l’espère, une vraie guérison…

 

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